Le réveil à 4 heures du matin, c’est assurément trop tôt. Néanmoins, et en dépit de quelques petits estomacs douloureux, nous tenons tous sacrément bien le coup tout au long de la journée.
Arrêt royal place de la Concorde (!) aux alentours de 7 heures. Nous sautons du bus, guillerets comme des pinsons. L’émerveillement est à son comble : « Waouh, la Tour Eiffel dans la lumière rose ! », « Les immeubles sont aussi hauts que les grues », ou encore « Tout est grand ici, les trottoirs sont plus larges que les rues de Cazouls ». Direction le Jardin des Tuileries, afin de nous sustenter dans un cadre bucolique, où seuls des sportifs trop matinaux, des canidés en laisse et des vessies trop pleines viennent troubler notre tranquillité… Commence alors une longue errance à la recherche de toilettes publiques, car si ce beau parc en est truffé, il faut savoir qu’elles n’accueillent désespérément pas les lève-tôt. De tours en détours, et à l'issue d’une admirable patience, nous voici tous désormais légers et apaisés. Les choses sérieuses peuvent commencer.
Nos pas nous mènent alors directement au Palais de l’Élysée. Une riche idée, le jour où le Président nomme son 1er Ministre ! Le quartier est en partie bouclé, nous tournons, virons et finissons par trouver une brèche : à nous la rue du Faubourg Saint-Honoré ! La maréchaussée, en nombre et armée jusqu’aux dents, veille, mais nous laisse sympathiquement passer, cinq par cinq, pour admirer les grilles du fameux Palais. Allez ouste, on les remonte ces Champs-Élysées ? Les boutiques de luxe subjuguent et exercent auprès de nos adolescents une fascination qui ne se dément jamais : « Madame, madame, on peut entrer ? ». L’Arc de Triomphe étonne par sa monumentalité ; on repère les noms de victoires napoléoniennes ; on cherche son patronyme dans les listes de soldats méritants, on le trouve parfois ; et on se réchauffe les mains au-dessus de la flamme (#je-plaisante). Puis, vient l’heure de repartir dans l’autre sens. C’est ainsi que l’on parcourt 4 km sans en avoir l’air. Normal, sur la plus belle avenue du monde, on ne compte pas (ses pas, rassurez-vous !). Le Pont Alexandre III, l’Assemblée nationale, la coupole des Invalides : ç’en est trop, on a faim et on est fatigués !
Repas Rue de Rivoli – s’il vous plait. C’est jaune, c’est gras, c’est bon. Et nous voici requinqués pour arpenter le musée du Louvre. La Venus de Milo, la Victoire de Samothrace, la Galerie d’Apollon : oui, oui, c’est beau, on est contents, impressionnés aussi, « mais la Joconde, elle est où ? ». Quelle impatience ! On finit par l’apercevoir au-delà d’une marée humaine et les plus courageux parviennent même à la regarder droit dans les yeux, accoudés à la barrière. Formidable ! Le Sacre de Napoléon, Le Radeau de la Méduse ou encore La Liberté guidant le Peuple n’en émeuvent pas moins certains, tandis que d’autres sont sur le point de développer un syndrome de Stendhal face à un Youtubeur célèbre en goguette aux antiquités égyptiennes (effervescence maximale, selfies et tout et tout). Mais il est tard, les troupes fatiguent et le cauchemar de tout professeur un tantinet responsable et soucieux de ramener la totalité de ses élèves devient réalité : cinq manquent à l’appel. Pffuit, volatilisés, entre deux sarcophages, trois bustes grecs et quelques milliers de visiteurs ! Une perte lourde, mais rassurante. Pas de drame finalement, le bus n’a pas eu même à nous attendre.
Arrivée tardive à l’auberge de jeunesse : un endroit charmant, des chambres agréables et des lits confortables dans lesquels vos chers petits semblent s’être profondément endormis.
1ère série de photos :
2ème série de photos :
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