jeudi 19 mai 2022

Jour 5 - Muséum d'Histoire Naturelle & Conciergerie

7 H 00, les draps sont en boule dans le couloir et les soutes du bus attendent les bagages. Ça se presse, ça se bouscule : aucun retard ne sera toléré. Aucun retard n’est à déplorer.

Mais qui se presse et se bouscule oublie. Heureusement, donc, que les professeurs aux yeux de lynx surpuissants repassent dans chaque chambre, car si les couettes sont admirablement pliées et les tapis de bain soigneusement étendus, elles y trouvent mille trésors esseulés (multiprise, dentifrice, peigne, chargeur, trousse de toilette, brique de jus de fruit, etc.) et restent sans voix devant un sèche-cheveux encore branché !

Au bout de deux heures d’une route au trafic banalement dense, nous arrivons dans le centre de la Capitale, où là, par contre, ça bouchonne sévère et agace grandement le chauffeur qui se doit d’immobiliser rapidement son véhicule pendant 9 heures avant le grand départ. Et soudain, c’est le drame. Alors que le bus tente péniblement de rallier la rive droite afin de mieux revenir sur la rive gauche, la voiture juste devant nous ne redémarre pas : la panne pour l’une, la tuile pour l’autre. Les professeurs, qui préfèrent l’action aux lamentations, font alors preuve d’une vaillance inouïe. Elles sautent du bus, se retroussent les manches et, pendant que l’une bloque la circulation, les autres poussent la voiture gênante. Épique.

Une fois les grilles du Muséum d’Histoire Naturelle franchies et la tournée des pipis accomplie, nous traversons le Jardin des plantes au pas de course, car le programme du petit bout de matinée qu’il nous reste est chargé. Trop chargé, d’ailleurs. C’est pourquoi, nous nous contentons de découvrir les Arènes de Lutèce – une « visite », sachez-le, hautement dispensable – puis la Grande Mosquée de Paris. Seul un groupe parvient à en franchir le seuil, mais guère à en faire le tour (il aurait fallu réserver). Les élèves peuvent toutefois admirer la cour centrale avec ses bassins, ses portiques à arcades, sa grande porte en bois sculpté, ses faïences et sa fraicheur. Ils sont ravis, car la grande majorité d’entre eux n’avait « jamais vu en vrai » un lieu de culte musulman.

Retour dans le Jardin des plantes. Pique-nique entre deux bourrasques de poussière devant la Galerie de Paléontologie et d’Anatomie Comparée. C’est l’heure. Madame Delhon trépigne. Elle stresse aussi. Nous stressons toutes : et si l’on refusait de nous faire entrer ? Comme nous n’avons pu nous déclarer « groupe scolaire » à la réservation (effectuée la veille du départ), nous avons tous des billets individuels – chacune des enseignantes accompagnant un groupe, telles cinq mamans avec leurs 8 enfants ; sans parler des 10 élèves restants, en totale autonomie sur le papier, qui risquent de se faire refouler en raison de leur bouille juvénile. Finalement, personne n’est dupe et tout le monde entre sans aucune difficulté ! Un lieu superbe, en plus d’être passionnant. La majorité des élèves, conquise autant par le contenant que par le contenu (ou que par l’écrin et le bijou, si vous préférez) regarde, observe, s’interroge, pose des questions, s’exclame, écoute, s’offusque, s’étonne, tandis qu’une minorité, trop nombreuse à notre goût, erre sans but, ni intérêt, bouclant la visite en 10 minutes top chrono. En d’autres termes, pendant que les uns, pris d’un fol enthousiasme, partent à la recherche du pangolin ou se remémorent avec émotion leur leçon sur le cynthiacetus (une sorte d’ancêtre de la baleine), les autres ne visent que les bancs ou, pire, se mettent à courir entre les squelettes et les vitrines (j’vous jure !) pour simuler un quelconque engouement quand Mme Delhon, afin de les sortir de leur torpeur, les envoie à la recherche d’une espèce improbable. Grrrr. Disons que nous retiendrons l’émerveillement des premiers.

Comme nous avions pris le soin de réserver en « décalé », histoire de ne pas faire trop « groupe scolaire », les premiers à quitter la Galerie s’offrent une flânerie dans les jardins du Luxembourg avant d’aller saluer Notre-Dame. Puis, nous convergeons tous vers le Panthéon où nous attend une ancienne élève désormais lycéenne rue Saint-Jacques.

Petit temps libre sur une portion du boulevard Saint-Michel (du shooopping !) avant de gagner la Conciergerie. L’Ile de la Cité est parée d’un impressionnant dispositif de sécurité en raison du procès des attentats de 2015 qui s’y déroule actuellement ; nous le franchissons sans encombre et entrons dans l’ancien Palais royal qui abrite le cachot de Marie-Antoinette, ultime demeure de la reine déchue. Là encore, notre joyeux groupe souffre d’une dichotomie sévère. Et pourtant, les explications sont aussi claires que celles de leur professeur d’histoire (c’est dire) et la muséographie formidable : une tablette interactive donne vie aux différentes pièces que nous traversons grâce à des reconstitutions animées très réalistes et propose anecdotes et chasse aux trésors. Tant mieux pour ceux qui ont su en profiter.

Reprise de la balade urbaine jusqu’à Beaubourg, où un autre temps libre est accordé (encore du shopping, c’est trop la fête !), avant de rejoindre le restaurant rue de Rivoli. Nous y prenons notre dernier repas et entonnons « un joyeux anniversaire » pour célébrer le 14ème printemps de l’une de nos demoiselles : elle est surprise et impressionnée, car si la bougie manque au gâteau, l’acoustique toute singulière du lieu lui offre, de cet Happy Birthday improvisé, une interprétation puissante digne des chœurs de l’Armée Rouge.

Le jour décline. Jardins des Tuileries, place de la Concorde, bus. Paris, c’est fini.

 1ère série de photos :

Grande Mosquée



Muséum d'Histoire Naturelle

 

Galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée












Le Panthéon

La Conciergerie







Hôtel de ville

 

Comptage à Beaubourg

 

Assemblée nationale depuis le Pont de la Concorde


 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.

Conclusion

Voilà, vous avez récupéré vos enfants et leur linge sale. Ils ont depuis sans doute beaucoup raconté, beaucoup dormi. Nous aussi. Nous l...